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pour la troisième fois que son élève méritait d’être couronné. Monsieur Aved ayant été chargé de faire le portrait de louis XV, Antoine l’accompagnait lorsqu’il allait prendre ses séances. Le roi voulut bien se rendre familier avec Antoine (on n’appelait pas Lebel autrement) et lorsque le monarque ne se trouvait pas en position Antoine lui prenait la tête des deux mains et la tournait à son gré, plusieurs fois même le prince lui dit : «Antoine, mets-toi dans mon fauteuil et montre moi la manière dont je dois me présenter. » Et Antoine de s’asseoir. Louis XV désirait que Lebel le dessinât pendant qu’Aved le peignait mais par égard pour son maître l’élève refusa de le faire. Un jour le prince lui confia des clefs pour aller chercher un rouleau de papier. C’était un plan d’impôts pour la campagne. Antoine osa dire : « Si votre majesté connaissait comme moi la misère des paysans elle se garderait bien de mettre son projet à exécution. » Et le projet fut jeté au feu. Ce bon fils, aussitôt qu’il s’était vu dans une espèce d’aisance avait fait à sa mère une pension de 200 livres. Les deux peintres s’étant rendus à Versailles pour mettre la dernière main au portrait de Louis XV. Ce prince venait de partir pour l’armée. Antoine lui écrivit sans façon qu’ils avaient été bien étonnés son maître et lui, que sa Majesté se fut mise en route sans les prévenir. Le message comique amusa beaucoup Louis XV. Antoine Lebel n’oubliait pas la bassesse de son origine, son frère étant allé à Paris pour le voir changea d’habit se fait coiffer et s’annonce. Antoine le regarda et dit : « Monsieur, vous n’êtes point mon frère vous m’en imposez, sortez d’ici. » |
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Le lendemain le frère reparaît avec le costume villageois « Aujourd’hui, je reconnais mon frère s’écria Antoine mais hier un faquin se présenta et se fit chasser. » |
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L’Académie royale de peinture admit en 1740 cet artiste au nombre de ses membres. Ses tableaux de réception furent : Un soleil levant et un soleil couchant. Il avait travaillé chez François Boucher, peintre d’histoire pour se perfectionner dans cette partie. Il était habile pour les portraits mais il excellait dans les paysages. Il dessinait parfaitement et avec une promptitude étonnante il faisait aussi des instruments de musique et en jouait sans jamais avoir eu aucune leçon. Il avait une si grande horreur du mensonge qu’il ne se permettait pas même une simple équivoque. Sa franchise, sa droiture, sa bonté, sa générosité étaient admirables. Très fidèle à sa religion, il se permettait de dire aux grands qu’il entendait parler de beaucoup de choses mais jamais de Dieu. Ayant su plaire au Roi il ne lui demanda rien. Cependant le prince lui donna une charge chez la dauphine. Cet homme de bien est décédé le 9 mars 1773 à Paris. |
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Pendant deux années il mit son nom à ses compositions et elles furent rejetées. À la troisième année Aved lui ordonna de garder l’anonymat et le prix lui fut adjugé. Le sujet du tableau était une flotte battue et dispersée par la tempête. Son protecteur et son maître fit au juge le reproche piquant que c’était |
